La Prairie

Concédée aux Jésuites en 1667, la seigneurie de La Prairie se développe d’abord autour de la mission où se concentrent quelques Français et de nombreux Amérindiens convertis au christianisme. Très tôt, à cause de problèmes de cohabitation, la mission amérindienne se déplacera vers l’ouest laissant l’emplacement aux seuls colons venus de France. On y construit un premier moulin à farine et, en 1687, une palissade de bois, lesquels serviront en 1691 à repousser une attaque de mercenaires venus de la Nouvelle-Angleterre. Quelques années plus tard, une petite église de bois est érigée et peu à peu un village prend naissance.

Le 18e siècle
La population s’accroît de façon importante mais reste, pour des raisons de sécurité, confinée à l’intérieur de la palissade. L’année 1705 voit naître la première église de pierre. À cause de sa situation géographique, La Prairie s’impose vite comme un lieu de transit obligé pour les échanges commerciaux entre Montréal et la Nouvelle-Angleterre. Après la Conquête de 1760, de nombreux commerçants anglophones viennent s’y installer. La palissade, agrandie à quelques reprises, est devenue désuète; les nouvelles maisons débordent le périmètre du fort.

Le 19e siècle
Grâce à sa vitalité économique La Prairie s’impose comme le chef-lieu de toute une région. Le village, qui débordait déjà le Vieux-Fort , s’agrandit du Fort-Neuf, quartier résidentiel de choix. La guerre de 1812 provoque la construction d’imposantes casernes militaires et la présence des régiments anglais marquera pendant plusieurs décennies la culture et le mode de vie du village. En pleine crise agricole et politique, le dynamisme des marchands anglophones de

Montréal donnera naissance en 1836 au premier chemin de fer canadien entre La Prairie et Saint-Jean : le village est au sommet de sa gloire.

Le passage constant de voyageurs et de marchandises amenés par les bateaux à vapeur contribue à enrichir le village à tous points de vue. Ces bateaux à vapeur apparaissent à La Prairie en 1808. Par malheur, l’incendie majeur de 1846 et la construction du Pont Victoria sonneront le lent déclin de La Prairie dans la seconde moitié du 19e siècle.

Le 20e siècle
Jusqu’à la fin des années soixante la petite ville change peu. Ville de services, on y trouve des institutions d’enseignement ainsi que banques, notaires, médecins et quelques commerces. Sauf pour l’ouverture de la paroisse du Christ-Roi après la seconde guerre mondiale, la population augmente peu. La construction presque simultanée de la Voie maritime du Saint-Laurent, du Pont Champlain et de l’autoroute 132 vont provoquer sur la rive-sud la création de deux nouvelles banlieues issues de l’ancienne seigneurie de La Prairie : Brossard et Candiac. Suivront une véritable explosion démographique et l’ouverture obligée de nouveaux quartiers à même la zone agricole et l’ancienne commune : la Magdeleine, la Citière, le et le Grand Boisé.

En ce début de 21e siècle La Prairie est une ville-dortoir aux multiples services. Les efforts se multiplient depuis quelques années pour revitaliser le secteur de l’arrondissement historique, témoin du passé ancien et unique de La Prairie.