Pointe-Claire

La prise de possession du territoire de « la Pointe Claire » ne débute véritablement qu’à partir des années 1698-1699. Dès 1706, le déboisement le long de la rive est suffisamment avancé pour que l’on ordonne l’ouverture d’une route le long du lac de La Présentation, jusqu’à l’extrémité de l’île.

En plus des lots concédés face au lac et desservis par le chemin du Roy (chemin Bord-du-Lac), la paroisse est subdivisée en trois côtes : Saint-Rémy (boulevard des Sources), Saint-Jean et Saint-Charles (actuels boulevards des mêmes noms).

La paroisse, d’abord érigée sous le nom de Saint-François de Sales en 1713, est consacrée l’année suivante à Saint-Joachim. De la Côte Saint-Rémy à la Côte Saint-Charles, on dénombre trente-trois lots (145 à 177). Ceux-ci avaient généralement trois arpents de largeur par vingt ou trente de profondeur.

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En 1834, Mgr Signay décrète l’érection canonique de la paroisse. En 1845, Pointe-Claire est érigée civilement, puis en 1854, proclamée municipalité. L’agriculture a toujours été le centre de toutes les activités et le paysage a peu changé d’aspect depuis. Les transformations se feront peu à peu avec l’arrivée massive de vacanciers estivaux d’expression anglaise, attirés par la beauté des lieux.

Ce nouveau contexte social, ainsi que ses activités exclusives, vont marquer son paysage et influencer son développement jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale.

De réels changements apparaissent avec l’arrivée du chemin de fer du Grand Tronc en 1855, qui réduit à quarante-cinq minutes le trajet pour se rendre jusqu’à Montréal ; lors de l’ouverture de la Canadian Pacific Line en 1887, et finalement avec la mise en place du téléphone dans les années 1890.

Au tournant du siècle, plusieurs hôtels, aujourd’hui disparus, sont construits pour satisfaire les vacanciers, et un grand nombre d’habitations privées est loué. On construit également des cottages saisonniers qui deviendront plus tard, des résidences permanentes.

En 1889, on agrandit le territoire de la municipalité par l’annexion de propriétés. En 1900, le 22 mai plus précisément, le cœur du village est victime d’un gigantesque incendie qui détruit vingt-trois maisons dans le périmètre formé par les rues de l’Église (rue Saint-Joachim), Sainte-Anne, et par l’actuel chemin Bord-du-Lac.

L’incorporation de la Ville a lieu en 1911. Pointe-Claire comprend alors tout le village, en plus d’une assez grande partie du territoire de la vieille paroisse ; dont une partie additionnelle est annexée en 1958.

Puis, suite à la construction de l’autoroute, le long des voies ferrées, en 1940; le rôle de banlieue de Pointe-Claire se voit confirmé.

L’essentiel de son patrimoine architectural et paysager se situe au sud. Un inventaire sommaire réalisé en 1989, à la demande du service d’urbanisme, a permis d’y dénombrer environ 150 édifices anciens d’intérêt historique.