Sherbrooke

Historique du commerce à Sherbrooke

Le développement commercial des grandes villes et des villes de taille moyenne au Québec est intimement lié à l’essor de l’automobile. Cela est également vrai à Sherbrooke. L’histoire du commerce est composée de quatre grands moments qui ont modifié profondément la géographie commerciale.
Le boulevard commercial

Le boulevard commercial fait véritablement son apparition dans les années 40 à 50. Une décennie plus tôt, le réseau routier se modernise et les gens sont maintenant en mesure de se déplacer pour réaliser leurs achats. Les années 40 à 50 voient donc l’apparition de commerces de passage pour répondre aux besoins ponctuels des automobilistes. La surenchère de l’affichage est chose commune pour attirer l’œil du conducteur. À partir des années 60, les artères commerciales se développent à l’entrée des villes. Le laissez-faire des autorités ne fait qu’accentuer cette réalité. Avec l’apparition des centres commerciaux dans les années 80, les artères commerciales sont directement atteintes. Les friches commerciales apparaissent et les initiatives pour contrer les fermetures sont lancées de toutes parts. Sherbrooke compte deux boulevards commerciaux majeurs : le boulevard Bourque et la rue King.
Le centre commercial

Le centre commercial fait son apparition aux États-Unis à partir de 1930. Cette nouvelle façon de magasiner plaît grandement aux automobilistes qui y trouvent toujours une place de stationnement disponible à proximité. Au fil des décennies suivantes, le centre commercial agrandit sans cesse son aire d’influence et sa taille. Les centres commerciaux sous régionaux, comme les Galeries quatre saisons, naissent dans les années 50, tandis que les centres commerciaux régionaux, tel le Carrefour de l’Estrie, apparaissent entre 1970 et 1980. À partir de 1990, c’est l’ère des agrandissements massifs qui créent les grandes surfaces que l’on connaît aujourd’hui (power centers). Dès lors, les centres commerciaux de quartier et les centres-ville en subissent les contrecoups puisque les superficies commerciales qui y sont disponibles ne rivalisent plus avec les hausses nécessaires de superficie pour les commerces attracteurs (épicerie, quincaillerie, etc.).
Les lifestyle centers

Le concept de lifestyle center est le dernier né de toute cette frénésie commerciale. Il s’agit en fait de créer de toutes pièces, si cela n’existe pas dans un quartier prédéterminé, une ambiance urbaine au profit du commerce. L’automobile y est moins apparente, mais tout aussi nécessaire pour s’y rendre.
Grand retour des commerces de proximité

La consommation effrénée, les friches commerciales, le développement des grandes surfaces en périphérie de la ville incitent maintenant certains consommateurs à privilégier les commerces de proximité, c’est-à-dire ceux se trouvant près de leur domicile. Les villes comprennent de plus en plus la nécessité de faire les bons choix afin de bâtir une structure commerciale durable et équilibrée.

Source : texte inspiré du document La frénésie commerciale à Sherbrooke, Gérard Beaudet, urbaniste, Directeur, Institut d’urbanisme, Université de Montréal, mai 2006