Sorel-Tracy

Ville de Tracy

Le 10 février 1954, la municipalité de la paroisse de Saint-Joseph-de-Sorel est constituée en la corporation de la Ville de Tracy. Le choix de ce nom de noblesse du marquis de Tracy résulta d’une soumission par un citoyen dans le cadre d’un concours. Notons que Tracy est un nom de lieu qui existe toujours en France. Les conditions établies par le concours étaient que le nom proposé ne soit pas un nom de saint et qu’il n’ait pas la terminaison «ville».

La guerre, la crise… et l’arsenal de la démocratie !
Le siècle commence par une période de torpeur économique, et une lente croissance de la ville et de sa population. La guerre mondiale de 1914-1918 crée des emplois. Loin des champs de bataille, et prédestinée par l’importance de ses chantiers navals, Sorel participera pleinement à la production des armements et plusieurs navires de guerre seront construits au chantier local.

C’est pendant la guerre, en 1917, que Joseph Simard, originaire de Baie Saint-Paul, acquiert avec deux associés, les chantiers navals Manseau, occupés comme jamais auparavant à construire des bateaux de toute sorte. Ainsi commença la formidable saga des Simard et de la région de Sorel
La crise économique déclenchée lors du krach de la bourse de New York en 1929 entraîne le chômage, puis la misère pour beaucoup de monde.
Pourtant, malgré les effets de la « Grande Dépression », la région connaît un développement économique important. Le port de Sorel voit ses activités redoubler avec la construction, en 1929, par North American Elevators Limited, des élévateurs à grains de deux millions de boisseaux ; désormais le port transbordera les céréales de l’ouest canadien destiné aux marchés d’exportation européens.

L’activité industrielle est en plein développement : en 1932, la Fonderie Beauchemin et Fils est acquise par Consolidated Marine Companies Limited et devient Sorel Steel Foundries Limited, dirigé par Ludger Simard, un des frères de Joseph ; il faut aussi mentionner l’implantation des Sorel Mechanical Shops, la manufacture de transformation du mica, et les fabricants de vêtements tel Lerner Clothing Company, Saurel Shirt Limited et Richelieu Knitting Company.

Fidèle à sa vocation tricentenaire, le moteur de l’économie, la construction navale, atteindra son apogée avec la formation de Marine Industries Limited en 1937
Cette même période voit se développer des infrastructures et services qui desservent toujours les citoyens aujourd’hui: le marché Richelieu, l’hôtel de ville de Sorel, le pont Turcotte.

Dorénavant, les usines de Marine Industries Limited et Sorel Industries Limited tourneront 24 heures sur 24 et emploieront jusqu’à 10000 personnes pour répondre aux commandes de navires de guerre de diverses classes, puis de canons, données par les gouvernements britannique et canadien. Ce formidable marché de l’emploi fera converger vers notre région des milliers de travailleurs, venus de partout au Québec et de l’Ontario qui ont entendu dire « À Sorel y’a d’la job ! ! ! ». C’est ainsi que la population de Sorel va doubler entre 1941 et 1951. La construction domiciliaire connaîtra un développement considérable et le quartier de Sorel-Sud apparaît ; c’est là que s’établira en 1948 la manufacture de textile de Canadian Celanese Limited, qui fournira des emplois surtout aux femmes. Deux ans plus tard sera fondée la paroisse de Saint-Gabriel-Lalemant et l’église sera construite.