Vaudreuil-Dorion

Qui peut imaginer aujourd’hui que Vaudreuil-Dorion, cette grande municipalité de la couronne ouest de Montréal, ait représenté pour les premiers Français du XVIIe siècle le bout d’un monde…

Sis au-delà du Montréal français d’alors, au confluent de la richissime route des fourrures de la rivière des Outaouais et de la stratégique route militaire de la rivière Cataracoui (le Saint-Laurent des Français), son territoire est l’enjeu de combats meurtriers pour le contrôle de la rivière des Outaouais, le principal moteur économique de la Nouvelle-France.

Après la grande paix signée à Montréal en 1701, avec la Ligue iroquoise, la seigneurie de Vaudreuil-Soulanges, un territoire englobant aujourd’hui Vaudreuil-Dorion, Vaudreuil-sur-le-Lac, l’Île-Cadieux, Hudson, Saint-Lazare ainsi que l’île aux Tourtes, est octroyée à Philippe de Rigaud de Vaudreuil en 1702. Sous le régime français, on n’y trouve que 90 familles de colons. Le développement de la seigneurie commence vers 1765, avec la croissance des voyages commerciaux vers l’Ouest canadien le long de la rivière des Outaouais et après la vente, le 2 avril 1763, de la seigneurie de Vaudreuil par l’épouse de Pierre-François de Rigaud de Vaudreuil, Mme Louise-Thérèse Fleury de la Gorgendière à Michel Chartier de Lotbinière. En 1765, il y construit un manoir seigneurial. À l’époque, plusieurs marchands de fourrures font halte dans ces lieux, et la seigneurie profite de son emplacement stratégique pour créer une agriculture stable.

La paroisse de Vaudreuil est constituée en 1845 et la première assemblée des résidents de Vaudreuil élit son premier maire, M. Hyacinthe F. Charlebois, le 14 juillet 1845.

C’est dans les années 1850 que l’on commence, à Dorion, la construction de chalets d’été, après l’ouverture du chemin de fer du Grand Trunk. La région entre alors de plein fouet dans l’ère moderne. Le 18 décembre 1854, l’adoption de l’acte confirmant l’abolition générale des droits et devoirs féodaux sonne le glas du régime seigneurial. En 1891, le territoire de Dorion se sépare de la paroisse de Vaudreuil et obtient le statut de village. En 1916, Dorion est incorporée et devient une ville. Son nom honore Sir Antoine-Aimé Dorion, juge en chef de la Cour du Banc de la Reine de la province de Québec, décédé dans l’année de la constitution de la municipalité de Dorion.

La nouvelle ville de Vaudreuil-Dorion arrive plus tard avec la fusion des villes de Vaudreuil et de Dorion, le 16 mars 1994.

Plusieurs bâtiments ont contribué à tisser l’histoire de la ville de Vaudreuil-Dorion : l’église Saint-Michel, dont la construction date de 1787, la Maison historique Trestler, érigée en 1798, le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, construit en 1859 (anciennement une école pour garçons), ainsi que la  Maison Valois de 1796 (Maison Joachim-Génus).

La ville de Vaudreuil-Dorion regroupe maintenant 30 327 résidents. La ville s’étend sur un territoire de plus de sept kilomètres carrés. Elle fait partie de la région administrative de la Montérégie et se trouve dans la municipalité régionale de comté de Vaudreuil-Soulanges, en bordure de la rivière Outaouais et du lac des Deux-Montagnes. C’est le centre administratif de la MRC. De plus, Vaudreuil-Dorion fait partie de la communauté métropolitaine de Montréal, dont le centre-ville se trouve à moins de 30 minutes.