Magog

L’histoire de la ville remonte à la fin du 18e siècle. À cette époque, l’endroit est peu habité. Comme le reste du territoire des Cantons de l’Est, le site est plutôt un lieu de passage et de campement temporaire pour les tribus amérindiennes venues du Nord des États-Unis.

Après la guerre d’indépendance américaine, des Loyalistes originaires de la Nouvelle-Angleterre commencent à coloniser les pourtours du lac Memphrémagog. Ils s’y font octroyer des cantons et s’engagent à les défricher.

Pour sa part, Nicholas Austin reçoit le canton de Bolton situé sur la rive ouest du lac Memphrémagog. Mais c’est la rive est qui l’intéresse et il déménage à la décharge du lac. Pour actionner un moulin à farine et un moulin à scie, il construit une digue rudimentaire sur la rivière Magog.

En 1799, Ralph Merry III prend la relève. Il achète les moulins d’Austin et leur donne une importance telle qu’on lui reconnaît aujourd’hui le titre de fondateur de Magog. Merry s’installe à proximité du pont qui relie les deux rives sur la rue qui porte aujourd’hui son nom.

De part et d’autre de la rivière Magog, les moulins à scier le bois se multiplient. Le petit hameau, connu sous le nom d’Outlet, devient un centre d’échanges important. Les transports s’améliorent; un service de diligence est inauguré entre Sherbrooke et Outlet, de même qu’entre Outlet et Stanstead. Dès la première moitié du 19e siècle, des hôtels sont construits pour recevoir des villégiateurs. Une navigation saisonnière s’organise sur le lac, qui sert à la fois d’activité touristique et de soutien à l’industrie et au commerce.

Graduellement, le nom de Magog remplace celui d’Outlet. Il s’applique d’abord au bureau de poste, en 1851, puis au village à partir de 1855.

À la fin du 19e siècle, la construction du chemin de fer Waterloo and Magog et la construction de la Magog Textile and Print Company amorcent la transformation du village en ville industrielle. L’achat de cette fabrique de coton imprimé par la Dominion Textile Mills en 1889 consacre cet essor.

Au 20e siècle, l’histoire de Magog demeure intimement liée aux progrès de l’industrie textile, principal employeur de la ville. Des liens importants se tissent entre la compagnie et le conseil municipal pour développer des services de loisirs et de santé.

Le Magog d’après-guerre connaît une ère d’expansion et de modernisation qui attire d’autres entreprises et commerces. L’amélioration du réseau routier permet le développement d’une industrie touristique quatre saisons qui ne se dément pas aujourd’hui.

 

Depuis le 9 octobre 2002, le canton de Magog, le village d’Omerville et la ville de Magog sont regroupés pour former la nouvelle ville de Magog. En 2007, 23 540 citoyens y résident. Les Magogois bénéficient de la quiétude qu’on retrouve dans les petites municipalités tout en étant assurés des services d’une grande ville. En effet, ils ont accès aux écoles, aux services de santé, aux activités récréatives et culturelles, et à de nombreux espaces verts.

Nichée entre le majestueux lac Memphrémagog et le mont Orford, Magog est le noyau d’une station touristique fort bien pourvue en infrastructures sportives, culturelles et de villégiature. Bénéficiant d’un climat tempéré, la région accueille les vacanciers en toutes saisons.

Localisée à une centaine de kilomètres de Montréal et à trente minutes de la frontière des États-Unis, Magog constitue une région charnière entre les marchés canadien et américain auxquels elle est reliée par un réseau de communication particulièrement bien développé en ce qui concerne les réseaux routier et ferroviaire.

La ville possède une économie équilibrée et diversifiée. On y retrouve des entreprises dynamiques et de prestige œuvrant aux niveaux industriel, commercial et touristique et dont plusieurs rayonnent sur les scènes nationale et internationale. Actuellement, le secteur manufacturier fournit plus de la moitié des emplois permanents locaux. Les entreprises commerciales, de services et touristiques offrent également du travail à de nombreuses personnes.

La Ville de Magog oriente sa gestion vers une meilleure qualité des services et vers une politique financière visant à augmenter son efficacité et sa rentabilité. En 2007, les gestionnaires de la Ville de Magog administrent un budget de 55 millions $. Le contrôle rigoureux des dépenses confère à la municipalité une excellente situation financière.

Sherbrooke

Historique du commerce à Sherbrooke

Le développement commercial des grandes villes et des villes de taille moyenne au Québec est intimement lié à l’essor de l’automobile. Cela est également vrai à Sherbrooke. L’histoire du commerce est composée de quatre grands moments qui ont modifié profondément la géographie commerciale.
Le boulevard commercial

Le boulevard commercial fait véritablement son apparition dans les années 40 à 50. Une décennie plus tôt, le réseau routier se modernise et les gens sont maintenant en mesure de se déplacer pour réaliser leurs achats. Les années 40 à 50 voient donc l’apparition de commerces de passage pour répondre aux besoins ponctuels des automobilistes. La surenchère de l’affichage est chose commune pour attirer l’œil du conducteur. À partir des années 60, les artères commerciales se développent à l’entrée des villes. Le laissez-faire des autorités ne fait qu’accentuer cette réalité. Avec l’apparition des centres commerciaux dans les années 80, les artères commerciales sont directement atteintes. Les friches commerciales apparaissent et les initiatives pour contrer les fermetures sont lancées de toutes parts. Sherbrooke compte deux boulevards commerciaux majeurs : le boulevard Bourque et la rue King.
Le centre commercial

Le centre commercial fait son apparition aux États-Unis à partir de 1930. Cette nouvelle façon de magasiner plaît grandement aux automobilistes qui y trouvent toujours une place de stationnement disponible à proximité. Au fil des décennies suivantes, le centre commercial agrandit sans cesse son aire d’influence et sa taille. Les centres commerciaux sous régionaux, comme les Galeries quatre saisons, naissent dans les années 50, tandis que les centres commerciaux régionaux, tel le Carrefour de l’Estrie, apparaissent entre 1970 et 1980. À partir de 1990, c’est l’ère des agrandissements massifs qui créent les grandes surfaces que l’on connaît aujourd’hui (power centers). Dès lors, les centres commerciaux de quartier et les centres-ville en subissent les contrecoups puisque les superficies commerciales qui y sont disponibles ne rivalisent plus avec les hausses nécessaires de superficie pour les commerces attracteurs (épicerie, quincaillerie, etc.).
Les lifestyle centers

Le concept de lifestyle center est le dernier né de toute cette frénésie commerciale. Il s’agit en fait de créer de toutes pièces, si cela n’existe pas dans un quartier prédéterminé, une ambiance urbaine au profit du commerce. L’automobile y est moins apparente, mais tout aussi nécessaire pour s’y rendre.
Grand retour des commerces de proximité

La consommation effrénée, les friches commerciales, le développement des grandes surfaces en périphérie de la ville incitent maintenant certains consommateurs à privilégier les commerces de proximité, c’est-à-dire ceux se trouvant près de leur domicile. Les villes comprennent de plus en plus la nécessité de faire les bons choix afin de bâtir une structure commerciale durable et équilibrée.

Source : texte inspiré du document La frénésie commerciale à Sherbrooke, Gérard Beaudet, urbaniste, Directeur, Institut d’urbanisme, Université de Montréal, mai 2006